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25.6.10

Ishiro Honda

Né le 7 mai 1911 à Tsuruoka, Préfecture de Yamagata, mort le 28 février 1993 à Tokyo

L'avant Godzilla

Honda commença sa carrière à la Toho comme réalisateur de documentaire et de film de guerre, mais il reste pour beaucoup le Maître du Film de Monstre au Japon, c'est en effet grâce à Godzilla qu'il trouva en occident celle ci (désolé mais c'était facile comme "il vit le lit vide et le devint")

L'ére Godzilla

Pendant que Rodan met à sac Moscou, que Godzilla anéantit Tokyo, que New York est en feu et que Venise est submergé par un raz-de-marée, Mothra, Varan, Baguron, Dagora (crachant qui de la glace, qui des rayons lasers) font leur apparition, se battent à coups de paquebots, happent au vol des hélicoptères, écrasent des tanks à coups de pied ou les projettent sur les façades des immeubles. C'est alors que les Martiens (dont la planête vient malencontreusement d'exploser) se mettent en tête d'envahir la terre, et pour arriver à leurs fins, provoquent une douzaine de séismes, immergent deux ou trois continents, se heurtent aux ambitions d'un peuple sous-marins qui se berce lui aussi de rêves conquérants, délèguent sur terre un dragon des galaxies. Mais un sinistre savant fou trahit la charte des nations unies, inocule le cancer à deux cents millions d'individus, pactise avec les Martiens, dégivre l'Himalaya et assèche quelque océan. Les Nations Unies, réunies en permanence, discutent : il faut prendre des mesures énergiques avant qu'il ne soit trop tard. On envoie donc l'armée lutter vaillamment contre les envahisseurs : elle essaie en vain le napalm, le laser et finit par envoyer aux monstres quelques missiles dont la trajectoire est déviée et qui viennent s'écraser sur Londres, Paris et Pékin. La sagesse des hommes vaincra : quand il ne reste que ruines à la surface du globe, que les méchants sont châtiés, les Martiens envoyés sur Jupiter et les monstres au zoo, le conseil des Nations (miraculeusement préservé) n'additionne que deux milliards de morts, constate qu'après tout, cela aurait pu être pire et de se féliciter d'avoir eu l'intelligence de ne rien décider pendant le déroulement des événements.........

Tels est le schémas d'un film d'Honda. (cela aurait quand même plus de classe que la version US de Godzilla, comme scénario, car malheureusement après la tentative de Roland Emmerich, et la vente par la Toho de la franchise godzilla aux américains, que va t'on nous servir comme taube - que d'autant, la mode des remakes nous offres des splendides ratages comme Prom Night, La colline a des Yeux, ou notre fabuleux Freddy et ses griffes,.........)

Grand Maître du Kaiji Eigha, Honda, grâce à la précision de ses mises en scène et à la démence de ses scénario est toujours parvenu à transcender les poncifs du genre et s'il a repris à son compte les mythes de King Kong ou de Frankenstein, c'est dans une vision très presonnelle, les dotant d'une portée très différente et qui fait encore mieux ressortir l'abime qui le sépare de ces braves artisans qui, depuis 40 ans, s'acharnent à refaire King Kong et le "Monde Perdu". Car Honda est un véritable auteur. Son registre et ses thèmes, bien que limités, confinent vite à l'obsession, mais il reste un auteur. Et même si la forme de ses films est typiquement occidental, leur contenu ne peut être envisagé qu'en fonction d'un contexte japonnais.

Cinéaste du cataclysme, tous les moyens sont bons pour représenter la destruction sous toutes ses formes. King Kong n'était pour Schoedsach qu'un pauvre gorille géant qui avait la faiblesse de tomber amoureux : les monstres de Honda, dépouillés de toute sensibilité, sont à l'image du péril qu'ils incarnent, hauts comme des montagnes et n'ont qu'un seul souci : détruire. Héritiers des ancestrales légendes nippones, ils sont aussi à l'image des préoccupations du Japon d'après guerre : eux aussi sont des enfants d'Hiroshima. Monstres des temps perdus, ils sont ressuscités par des expériences nucléaires : monstres artificiels, ils sont des êtres humains à qui l'exposition à des radiations a fait subir de terrifiantes nutations. Les hommes luttent contre eux au moyen de l'atome, mais, mais à moins que les créatures ne s'entre-détruisent, seuls des catastrophes naturelles sauront venir à bout du péril enfanté par l'inconscience des hommes.

Ce qui, d'emblée, surprend chez Honda, c'est l'envahissant attirail mécanique qu'il exhibe : on sent chez le réalisateur une véritable fascination terrible pour la machine (surtout guerrière) : cet enfer technologique est symbolisé par le King Kong robotisé que le Docteur Wo (et pas Who, comme on le voit dans certain articles) déchaine sur Tokyo dans "La revanche de King Kong". Dans ce film, le véritable Kong n'est plus assimilé à l'idée de péril, mais au contraire, il vient défendre l'humanité contre les forces obscures, c'est  dire la mécanisation qu'incarne son double.

Honda prend le parti du Monstre car il représente dans son esprit la victoire de la nature sur la civilisation qui n'a su enfanter que la mort. Le réalisateur dresse le réquisitoire contre son époque et son humanisme un peu prédicant (comme chez Jack Arnold - notamment dans le film "L'Homme qui rétrécit) tourne vite au radicalisme destructeur. Les hommes sortent vainqueurs à chaque fin de film, mais l'on sait qu'un monstre nouveau reviendra. Les films de Honda se teintent souvent de pessimisme.

Filmographie

    * 1949 : A Story of a Co-op (documentaire)
    * 1950 : Ise Island (documentaire)
    * 1951 : The Blue Pearl (Aoi shinju)
    * 1952 : The Skin of the South (Nangoku no hada)
    * 1952 : The Man Who Came to Port (Minato e kita otoko)
    * 1953 : Adolescence Part 2 (Zoku shishunki)
    * 1953 : Eagle of the Pacific (Taiheiyo no washi)
    * 1954 : Farewell Rabaul (Saraba Rabauru)
    * 1954 : Godzilla (Gojira)
    * 1955 : Love Makeup (Koi-gesho)
    * 1955 : Cry-Baby (Oen-san)
    * 1955 : Beast Man Snow Man (Ju jin yuki otoko)
    * 1956 : Young Tree (Wakai ki)
    * 1956 : Night School (Yakan chugaku)
    * 1956 : People of Tokyo, Goodbye (Tokyo no hito sayonara)
    * 1956 : Rodan (Sora no daikaijû Radon)
    * 1957 : Half Human: The Story of the Abominable Snowman (co-réalisé avec Kenneth G. Crane)
    * 1957 : Prisonnière des Martiens (Chikyu Boeigun)
    * 1957 : Be Happy, These Two Lovers (Kono futari ni sachi are)
    * 1957 : A Teapicker's Song of Goodbye (Wakare no chatsumiuta)
    * 1957 : A Rainbow Plays in My Heart (Waga mune ni niji wa kiezu)
    * 1957 : A Farewell to the Woman Called My Sister (Wakare no chatsumiuta shimaihen: Onesan to yonda hito)
    * 1958 : Song for a Bride (Hanayome sanjuso)
    * 1958 : Beauty and the Liquidman(UK) aka H-Man(US) (Bijo to Ekitainingen)
    * 1958 : Baran, le monstre géant (Daikaiju Baran)
    * 1959 : Battle in Outer Space (Uchu daisenso)
    * 1959 : An Echo Calls You (Kodama wa yonde iru)
    * 1959 : Inao: Story of an Iron Arm (Tetsuwan toshu inao monogatari)
    * 1959 : Seniors, Juniors, Co-Workers (Uwayaku, shitayaku, godoyaku)
    * 1960 : The First Gas Human (Gasu ningen dai ichigo)
    * 1961 : Mothra (Mosura)
    * 1961 : The Scarlet Man (Shinko no otoko)
    * 1962 : Astronaut 1980 (Yosei Gorasu)
    * 1962 : King Kong contre Godzilla (Kingukongu tai Gojira) (co-réalisé avec Thomas Montgomery)
    * 1962 : Varan the Unbelievable (co-réalisé avec Jerry A. Baerwitz)
    * 1963 : Matango
    * 1963 : Ataragon (Kaitei Gunkan)
    * 1964 : Mothra contre Godzilla (Mosura tai Gojira)
    * 1964 : Dagora, the Space Monster (Uchu daikaiju Dogora)
    * 1964 : Ghidrah, le monstre à trois têtes (San daikaiju: Chikyu saidai no kessen)
    * 1965 : Frankenstein vs Baragon (Furankenshutain tai chitei kaijû Baragon)
    * 1965 : Invasion Planète X (Kaiju daisenso)
    * 1966 : Come Marry Me (Oyome ni Oide)
    * 1966 : La Guerre des monstres (Furankenshutain no kaiju: Sanda tai Gaira)
    * 1967 : La Revanche de King Kong (Kingukongu no gyakushu)
    * 1968 : Les Envahisseurs attaquent (Kaiju soshingeki)
    * 1969 : Latitude Zero (Ido zero daisakusen)
    * 1969 : All Monsters Attack (Gojira-Minira-Gabara: Oru kaiju daishingeki)
    * 1970 : Les Envahisseurs de l'espace (Gezora, Ganime, Kameba: Kessen! Nankai no daikaijû)
    * 1973 : Miraman
    * 1975 : Mechagodzilla contre-attaque (Mekagojira no gyakushu)
    * 1980 : Kagemusha, l'ombre du guerrier, de Akira Kurosawa (réalisateur de seconde équipe)
    * 1990 : Rêves (Yume) (co-réalisé avec Akira Kurosawa)
    * 1993 : Madadayo (film d'Akira Kurosawa dont il a réalisé quelques scènes sans être crédité)

8.5.10

Ray Harryhausen

En l'honneur de la sortie du Remake du "Choc des Titans", j'ai eu l'envie de vous parler et vous présenter l'œuvre de ce génie des Effets Spéciaux et de vous proposer ses films.

Surnom          Raymond Harryhausen
                       Jerome Wray
Naissance     29 juin 1920, Los Angeles (États-Unis)
Nationalité   Américaine
Profession     Animateur,  Producteur, Spécialiste des effets spéciaux

Ray Harryhausen  est généralement considéré comme le grand maître, voire le père, de l'animation en volume en raison de sa contribution dans le domaine du trucage au cinéma, de ses premiers pas dans l'ombre de Willis O'Brien sur Monsieur Joe (Mighty Joe Young) à la fin des années 1940 jusqu'au Choc des Titans au début des années 1980.

Débuts (1941-1947)

La première de King Kong dont les trucages sont réalisés par Willis O'Brien scelle la vocation du jeune Ray Harryhausen âgé alors de treize ans. Il développe dès lors ses premiers projets personnels (Cave Bear et Evolution of the World), se passionnant pour la reconstitution d'animaux préhistoriques. Un heureux hasard voudra qu'il puisse montrer ses premiers travaux (des dinosaures en pâte à modeler) à Willis O'Brien (également considéré comme le père de l'intégration d'animation en volume avec des prises de vues réelles) qui l'encourage. Il étudie ensuite les arts dramatiques, la photographie et la sculpture, puis la réalisation artistique et le film. C'est à cette époque qu'il se lie d'amitié avec Ray Bradbury.

En 1941, il montre ses travaux à George Pal, l'animateur, qui l'engage comme assistant sur la série des Puppetoons. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ray est incorporé à l'unité de Frank Capra dans l'Army Signal Corp.

Il réalise, en 1945, des épisodes pour une série de contes de fées, Mother Goose Stories, qui trouveront un débouché dans les milieux scolaires et éducatifs. Il sera aidé de sa mère pour les costumes et de son père pour la fabrication des accessoires et des armatures.

Premiers travaux sur des longs métrages (1947-1955)

En 1947, Willis O'Brien l'engage pour être l'un de ses deux assistants sur le tournage de Monsieur Joe et lui laisse l'essentiel de l'animation du gorille. La qualité du travail développé, aussi bien en termes d'animation que d'intégration, montre clairement que Ray a dès lors le talent et la maturité pour développer des projets personnels au cinéma. Cette nouvelle étape se fera sans O'Brien qui n'arrivera rapidement plus à concrétiser aucun projet.

En 1953, Harryhausen signe les effets spéciaux du Monstre des temps perdus (The Beast from 20,000 Fathoms) d'Eugène Lourié. Harryhausen y poursuit son travail d'intégration d'animation image par image avec des plans d'acteurs dans des décors réels. Ce film constitue son premier succès personnel.

Les années Charles H. Schneer (1955-1980)

En 1955, Harryhausen rencontre Charles H. Schneer. Leur collaboration durera plus de 25 ans, Schneer s'occupant de la production, Ray du scénario et des aspects techniques. Douze des quinze films que Ray va signer seront produits par Schneer avec quelquefois Harryhausen comme co-producteur.

Le Monstre vient de la mer (It Came from Beneath the Sea) est un coup d'essai pour lequel Schneer espère profiter visiblement du succès du Monstre des temps perdus, le film développant une thématique très similaire. Le second, Les Soucoupes volantes attaquent (Earth vs. the Flying Saucers), réalisé par Fred F. Sears en 1956, donne à Ray l'occasion d'élargir sensiblement l'étendue de son travail qui va dès lors au delà de la simple animation de modèle pour englober l'ensemble des trucages optiques possibles (illustration des champs de force, lasers, scène de destruction massive).

Les deux hommes s'installent finalement à Londres pour faciliter la production de leurs films suivant qui profiteront souvent énormément notamment des décors naturels offerts par la péninsule ibérique.

Ray Harryhausen va alors donner le meilleur de lui-même. En commençant par sa première tentative d'illustration libre des contes des milles et une nuits, Le Septième Voyage de Sinbad, premier film de la trilogie Sinbad, qui constitue à tous points de vue un modèle du genre. Ray peut enfin donner libre cours à son imagination. Son travail est en outre sublimé par la couleur (premier long métrage couleur en dynamation) et la musique du grand Bernard Herrmann (qui trouve lui aussi l'occasion de travailler en totale liberté donnant ainsi le meilleur de lui-même). Ces films issus de cette collaboration avec le compositeur attitré d'Alfred Hitchcock resteront les plus aboutis.

Il développe ou améliore encore, pendant cette période, ses techniques d'animation et d'incrustation des miniatures avec des prises de vue en action réelle, procédés auxquels il conviendra désormais d'attribuer des noms toujours plus 'fantastiques' (dynamation, superdynamation...).

Fort du succès qu'ils rencontrent, Schneer et Harryhausen poursuivent leur conquête de l'imaginaire et du fantastique avec Les Premiers hommes dans la lune (1964), La Vallée de Gwangi (1969), les deux derniers films de la trilogie Sinbad (Le Voyage fantastique de Sinbad en 1973 et Sinbad et l'œil du tigre en 1977) avec lesquels Schneer aspire à renouer avec un vrai succès commercial.

Le Choc des Titans (1981) constituera la dernière tentative de Ray pour réanimer un genre que l'on considère alors moribond. Fort d'un budget élevé et d'un appui sérieux des studios, ce film sera à la fois le film testament et le film dit de prestige de la carrière de Ray. À noter que devant l'étendue du travail à fournir, Ray sollicitera pour l'occasion le talent d'autres animateurs avec lesquels il partagera à regret son travail.

Filmographie

# 1949 : Monsieur Joe (Mighty Joe Young) (premier technicien)
# 1953 : Le Monstre des temps perdus (The Beast from 20,000 Fathoms) (effets d’animation)
# 1955 : Le Monstre vient de la mer (It Came from Beneath the Sea)
# 1956 : Les Soucoupes volantes attaquent (Earth vs. the Flying Saucers) (effets spéciaux, non crédité)
# 1957 : À des millions de kilomètres de la Terre (20 Million Miles to Earth)
# 1958 : Le Septième voyage de Sinbad (The 7th Voyage of Sinbad)
# 1960 : Les Voyages de Gulliver (The 3 Worlds of Gulliver)
# 1961 : L'Île mystérieuse (Mysterious Island)
# 1963 : Jason et les Argonautes (Jason and the Argonauts)
# 1964 : Les Premiers hommes dans la lune (First Men in the Moon)
# 1966 : Un million d'années avant J.C. (One Million Years B.C.)
# 1969 : La Vallée de Gwangi (The Valley of Gwangi)
# 1974 : Le Voyage fantastique de Sinbad (The Golden Voyage of Sinbad)
# 1977 : Sinbad et l'œil du tigre (Sinbad and the Eye of the Tiger)
# 1981 : Le Choc des Titans (Clash of the Titans)

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